Je crois qu'il n'y a plus rien à faire, je suis perdue. Quelque part au fond de ses yeux, dans l'étreinte rêvée de ses bras. & la douleur de son absence se fait plus grande jour après jour, c'est comme si je m'approchais du gouffre, les bras tendus vers le vide. J'aime mon ennemi. Le ravisseur de mon coeur détient ma vie entre ses mains, je lui suis entièrement soumise & dévouée, mais j'en suis amoureuse. Syndrôme de Stockholm, vous connaissez ? & quand il s'agit de lui, c'est comme si toutes les limites que je connaissais jusque là s'effondraient, l'impossible devient accessible, l'intouchable est alors à portée de main. C'est cette force, au fond de moi, cette incontrôlable envie, c'est elle qui me donne envie de me battre, de réussir, d'atteindre enfin le but ultime que je me suis fixé depuis plus de quatre ans désormais. Je déteste me sentir possédée comme ça, je mets ma vie entre parenthèses pour avoir une chance d'être un jour heureuse, & j'ai mal, le temps passe horriblement vite, il file entre mes doigts, je vois l'échéance s'approcher à grands pas, & mon objectif semble s'éloigner encore & encore. C'est un éternel recommencement, rien n'est jamais acquis. Malgré tout, j'y crois, parce que si j'abandonnais maintenant, je ne serais plus rien. Je n'aurais simplement plus d'avenir, tout deviendrait noir, brouillé. Pour l'instant, je m'accroche encore à cet espoir, cette once de lumière qu'il me reste. Je m'accroche à son sourire, & je réussis à m'en sortir, à briller dans son ombre, briller dans son absence. In your shadow I can shine. & je survis, tant bien que mal, je m'en sors malgré ce monde extérieur qui refuse de comprendre quoi que ce soit. Je m'en tape, j'ai appris à ne plus me focaliser uniquement sur le regard des autres, j'ai forgé ma propre opinion de moi-même, & quoi que vous puissiez penser, je suis plus proche du but que vous ne le croyez. & en plus, je ne suis pas seule. Je ne suis plus seule. Je puise ma force dans la seule personne capable de me comprendre, la seule personne au monde à partager ma douleur, mes rêves, mes espoirs. Elle se reconnaîtra assez facilement. Qui sait si j'aurais encore eu envie de continuer si elle n'était pas arrivée ? & puis, quitte à nous couper du reste du monde, on est prêtes à tout pour y arriver, on se battra jusqu'au bout, on redoublera d'efforts, on fera tout notre possible, jusqu'au dernier souffle. Des fois j'ai peur de trop espérer. Mais à ses côtés, tout semble être un jeu d'enfants, & la vie paraît tellement plus belle. & il semble si proche. Je dois rattraper le mal qu'il m'a fait. Il m'a arraché le coeur, emmenant avec lui mon bonheur, & c'est dans ses bras que je dois le récupérer. Ca paraît simple, non ? Si j'ai pu atteindre le bonheur le temps d'une nuit, par le passé, pourquoi ne pourrais-je pas l'atteindre à nouveau, & pour la vie ? J'ai passé l'âge des rêves de gamine immature, malgré tout je sais que ça peut sembler absurde, que peu de gens continuent de croire en moi, mais j'ai encore cet espoir qui me dévore, qui m'enflamme un peu plus chaque jour, alors que l'absence de l'être aimé me met à terre. J'ai de plus en plus mal, mais je suis de plus en plus forte. Vous n'imaginez pas à quel point il est facile de camoufler la douleur. Il suffit juste d'un peu de fond de teint & de mascara, & personne ne remarque vos cernes & vos yeux gonflés après une nuit passée à pleurer, personne ne prend note de votre teint blafard. Oh oui, c'est facile de cacher la douleur, ça l'est moins de la faire disparaître à l'intérieur. Les rêves sont le moteur de la vie, paraît-il. Moi mon rêve tient en trois lettres, & me donne envie d'avancer autant qu'il me jette à genoux. Je tiens le coup, parce qu'il le faut, parce que je n'ai pas le choix si je veux réussir. Mais faut pas croire ; je le déteste de me faire tant l'aimer, de me rendre si dépendante, de me faire tant de mal en s'éloignant un peu plus chaque seconde. Mais c'est plus fort que moi, il est ma vie désormais, celui qui me la donne & celui qui me l'enlève. Je suis prise dans une impasse, & il est trop tard pour faire machine arrière. Alors j'ai décidé de foncer.
Un jour, je porterai son nom. LK.
My last Dream, & only Hope ; Tu m'aimes ? Alors t'es gentille, tu l'approches pas.
& en fait si tu m'aimes pas c'est pareil.
J'ai pu ouvrir les yeux sur ce qui était important & ce qui ne l'était pas, & mon Dieu ce que ça fait du bien, je me sentirais presque en paix avec moi-même. Presque, oui, l'être humain n'est jamais satisfait. Moi au moins, je connais la raison pour laquelle je n'arrive jamais à être satisfaite, & croyez moi, ça aide, ça m'ouvre les yeux sur le but à atteindre, & je me donne tous les moyens possibles pour combler ce manque au fond de moi. Combler le vide.